Les yeux rivés sur le meilleur avenir, La France, l’Europe

close-up-1839974_1280

Les yeux rivés sur le meilleur avenir, La France, l’Europe

C’est en tant que Parlementaire Européen d’une circonscription hors de la France que je constate qu’encore une fois ce merveilleux pays se trouve au centre de la tourmente européenne, voire mondiale. Et c’est en tant que citoyen européen que je me sens dans l’obligation de partager ces quelques lignes. En effet, ce qui va être demandé aux électeurs français, dimanche prochain, ne sera ni plus ni moins que de renforcer la dynamique de liberté, égalité et fraternité dont la France immortelle a fait la devise des démocraties. Ces élections, plus que jamais, vont avoir un effet et des conséquences fondamentales pour les citoyens du monde, pour les citoyens de l’Europe, en sus de définir l’avenir immédiat des ressortissants français. C’est bien pour cela que les habitants de tout le continent ont les yeux rivés sur la France, car en agissant ainsi, ils ont les yeux rivés sur leur avenir, sur notre avenir. Et non seulement, loin s’en faut, quant à notre avenir commun matériel à court terme, mais bien aussi quant à la construction, jour après jour, d’un futur de paix et de prospérité que les français partageront avec toute une civilisation libre et solidaire en marche à l’échelle continentale. Ce qu’on appelle, parfois, un tournant historique. On ne les choisit pas, mais quand ils surgissent, il vaut mieux ne pas se tromper, comme à la première moitié du dernier siècle.

Pour ceux qui sommes, peu ou prou, héritiers de Monnet ou de Schuman, (des centaines de millions d’européens) le choix des français est essentiel, mais il ne fait aucun doute. Peu d’élections se seront portées sur un clivage aussi net. Il ne s’agit pas du tout de blanc bonnet ou bonnet blanc, ni d’un étalage de nuances de gris, mais bien d’un choix net entre noir et blanc. C’est tout à l’honneur des candidats, hors des sentiers battus de la politique politicienne et partisane, de proposer une sorte de petite (ou grande) rupture et de poser le sujet en toute sa dimension : Quel genre de société, quelle démocratie (ou pas) voulons nous pour notre avenir en tant que français et européens. S’il s’agit de liberté, nous voudrons que la France mène le flambeau vers l’émancipation des individus libres de contraintes en tout genre. Libres aussi des peurs appauvrissantes comme la xénophobie, la viscéralité nationaliste, ou la volonté fébrile que les droits appartiennent aux collectifs ou aux territoires par-dessus les citoyens, pour avoir moins peur dans le troupeau. Bien sûr la liberté est liée à la sécurité, autant qu’à la fraternité, d’ailleurs. Mais quelqu’un peut croire que la France toute seule, comme n’importe quel pays d’Europe, peut assurer efficacement sa sécurité sans une vision intégrée et commune de la sécurité des européens ? Tous les pays d’Europe, sont pratiquement un protectorat américain en question de défense. Comment allons-nous transformer la dépendance des autres puissances en interdépendance si ce n’est en nous unissant pour le meilleur de tous les concitoyens européens ? Et moins de dépendance est plus de liberté. La France doit choisir la voie de peaufiner les libertés individuelles communes démocratiques et de refuser les contraintes de l’autoritarisme, et l’oppression du collectivisme et mener cette bataille en Europe. Pour un meilleur avenir.

Et si nous parlons d’égalité ? Ce qui va conditionner la prospérité et la liberté des français, et des européens du coup, ce sera la lutte contre les inégalités croissantes ainsi que le respect total de l’autre, au moment de l’aider comme au moment de respecter ses initiatives, sans discrimination, sans parti pris, sans favoritisme. Tous égaux en droits comme citoyens, tous ayant le droit de vivre dans une société avec plus de cohésion, plus juste, moins inégalitaire. Et pour cela, l’espace européen est crucial. Sans mobilité, sans échanges, en se repliant sur soi-même, sans partage en grand des problèmes communs , sans une vision globale , ou continentale, de l’égalité de notre entourage économique et social, sans l’établissement d’une Europe de minima sociaux partagés, sans frontières sociales, les inégalités feront crever le modèle démocratique et appauvriront tout le monde. Et les plus faibles verront augmenter les inégalités. Bien sûr, on peut s’en protéger à court terme, quelques petites années, en répartissant entre nous, mais c’est à la fin qu’il n’y a plus de quoi payer que les inégalités éclatent. Les Européens attendent de leurs frères français de lutter conjointement et éthiquement contre les inégalités, pour le meilleur avenir pour tous.

Quant à la fraternité, c’est trop évident, même si aujourd´hui on l’appellerait solidarité. De nos jours, après 60 ans de Monnet et Schuman, après les différentes accélérations des révolutions techniques et technologiques, qui peut douter que la solidarité, cet énorme enjeu des valeurs républicaines est nécessaire sur le plus vaste terrain possible. Obliger les petits espaces malmenés à être solidaire dans leur petit terrain avec leurs petites ressources c’est, tout simplement, de l’anti solidarité. Donner de l’argent sans regarder, c’est de la charité (et encore) mais pas de la solidarité. La réelle solidarité c’est construire ensemble les structures et le fonctionnement d’un grand espace commun où les citoyens européens savent qu’ils sont coude à coude avec leurs frères pour un projet commun. La France a besoin d’un grand continent solidaire, l’Europe aussi. Sinon ce sera la naissance de la revanche, la haine, l’agressivité….Et ça va vite.
Bien sûr, la gloire de la démocratie est telle que l’esprit cocardier, le manège de la peur, le nationalisme irrationnel, (qui s’oppose au patriotisme), l’isolement, la discrimination, le suprémacisme, voire la xénophobie même, peuvent présenter leur argument et leur choix en toute légitimité, et promettre des solutions à court terme. Ce sont les règles du jeu. Mais les citoyens européens, fiers de l´être et plein d’espoir pour l’avenir de tous, nous espérons que ce sera la France de Villon et de Molière, celle de Hugo et de Zola, celle de Camus qui vaincra. Moi, en tout cas, je me suis mis en marche pour ce faire.

 

Enrique/Henri Calvet Chambon

Eurodéputé hispano-français du groupe ADLE, circonscription Espagne.

Share